Le Village Saint-Joseph : « une communauté de pauvres pour les pauvres »

Diffusion du lundi 12 novembre 2018 (Durée : 3min)

Contenu de la chronique :

Dimanche prochain, 18 novembre, c’est la deuxième journée mondiale des pauvres, voulue par le Pape François. Une occasion de se rappeler que la rencontre du pauvre n’est pas une option dans l’Eglise, elle est fondatrice.

« La fragilité est notre ADN. Le jour où chez nous, tout sera bien établi, structuré, avec une trésorerie sécurisante, nous ne serons plus nous-même ». On peut l’imaginer, celui qui prononce ces mots n’est pas le patron d’une entreprise du CAC40. Jean-Guy est responsable du Village Saint-Joseph.

Qu’est-ce-que Village Saint-Joseph?

C’est une communauté en Bretagne qui accueille des personnes fragiles, en difficulté, dans une grande diversité de situations : Damien qui a fait quelques années de prison, Julie, en post cure pour sortir de ses addictions, René en fauteuil roulant, ou encore Anne-Sophie qui sort d’hôpital psychiatrique. La rue, les ruptures familiales, l’alcool, la maladie…un village de pauvres. Les souffrances ne manquent pas sur ces visages, où pourtant des sourires lumineux percent, qui éclairent cette vie partagée et fraternelle.

« Ceux qui vivent ici sont des hommes et des femmes fragiles – explique Jean-Guy- la fragilité est reconnue, exprimée, jusqu’à l’accepter, l’aimer même ». Il décline les diverses formes de fragilité qui traversent sa communauté : manque de référents pour accompagner les personnes en souffrance ; difficulté à répondre dans les temps aux innombrables sollicitations qui arrivent de tous bords ; fragilité des bénévoles qui sont parfois d’anciens accueillis ; fragilité financière aussi, quand les dons se font attendre, et que les factures sont à régler…

On comprend effectivement leur fragilité, mais pourquoi en faire l’éloge ?

« Paradoxalement – nous dit Jean-Guy- cet état de fragilité exige de nous beaucoup de rigueur et d’attention. Nous travaillons sans cesse à pallier, en cherchant chaque jour des solutions. Nous avançons ainsi dans l’aujourd’hui ». Et Jean-Guy de constater que la Providence a toujours pourvu. « Nous ne manquons de rien. Depuis 20 ans, les comptes approuvés par le commissaire aux comptes l’attestent ». Et de conclure : « ayons comme ambition de rester une Œuvre de Dieu, à son écoute quotidienne, dans la prière, la vie fraternelle, et notre travail ».

Souvenez-vous, le Pape François dès son élection avait dit « je veux une Eglise pauvre pour les pauvres ». Le Village Saint Joseph dans son expérience vécue de communauté pauvre pour les pauvres, nous aide à en comprendre le sens. C’est dans cette pauvreté choisie et assumée que mystérieusement, l’amour devient une richesse, et même la seule richesse : l’amour fraternel de ceux qui vivent là, l’Amour de Celui qui en est la source.

Et si depuis 20 ans, ça marche, c’est que Dieu n’abandonne jamais les pauvres qui se tournent vers Lui, jamais ! Le Pape François le rappelle dans son message pour cette journée en citant le psalmiste : « Un pauvre crie, le Seigneur entend ».