Nos frères, les  arbres

Jean-Guy Thomas, Président

Les frères et sœurs du Village s’interrogent sur l’agrandissement de l’association, les projets d’ouverture d’autres « Villages », les sollicitations de témoignages et de visites qui se multiplient, les déplacements fréquents des référents, le rythme de certaines de nos journées, les activités et occupations nécessaires à la vie de l’association mais qui ne les touchent pas, dont ils ne se sentent pas concernés.
Notre vie quotidienne peut, au Village comme ailleurs, se laisser happer par le rythme effréné de notre société, si nous n’y prenons pas garde.

Posons-nous un instant, asseyons-nous.
Regardons et écoutons pousser les arbres
.

L’arbre que je vois reste à la même place : il se satisfait de l’endroit où il est. Fidèle et sobre.

Si j’écoute cet arbre, il se tait. Silencieux et pourtant bien présent. Il grandit et embellit, donne des fruits. Silencieux, généreux et modeste.

A coté de cet arbre j’en vois d’autres, semblables au premier ou différents… Ils sont là, côte à côte,  nombreux, multiples, divers ; ils sont bosquets, bois, forêts. Ils se partagent le sol et l’air, la pluie et le soleil. Ils vivent et grandissent dans une unité paisible.

Nous savons aussi qu’ils s’informent entre eux lorsque l’un d’eux est attaqué par un insecte parasite. Ils s’alertent et s’entraident, efficacement et toujours sans bruit. Leur temps n’est certes pas celui de l’immédiateté, mais ils savent prendre le temps qu’il faut.

Vulnérable face à une tempête ou un élagage, l’arbre repoussera ou en profitera pour se fortifier.
Persévérant et patient.

Je lève les yeux : les branches tendent vers le ciel. Mais cet élan des cimes vers la lumière, s’enracine, à l’abri des regards, aussi profondément dans la terre que les cimes s’élèvent  vers le ciel. Tourné vers la lumière, mais aussi enraciné, humble et caché.

Le Village, bien planté à Plounévez-Quintin, déjà depuis 20 ans, semble féconder. De nouvelles pousses prometteuses émergent !
Réjouissons-nous de voir se développer de nouveaux « Villages ».
Veillons aussi à nous enraciner plus profondément là où nous sommes.
Fécond et enraciné.

N’est ce pas là, aussi, pour chacun de nous, une voie vers la vie intérieure ?
A l’écoute d’une Voix silencieuse ?
Voie et Voix dont le monde a tant besoin !