Témoignage de Nicolas

Nicolas Delattre est responsable des activités au Village Saint Joseph à Plounévez-Quintin

Bonjour, je m’appelle Nicolas, je suis malade alcoolique abstinent depuis 15 ans ½ (2003).

Je suis l’aîné d’une famille catholique de 5 enfants. Mon enfance a été heureuse, avec une éducation relativement stricte. A l’âge de 11 ans, mes parents m’ont mis en pension chez les Jésuites jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat scientifique. Après ces 7 ans de collège et de lycée, de nombreuses heures de colle et l’éducation religieuse obligatoire, j’ai mis Jésus au fond de ma poche et mon mouchoir par dessus.
Après un essai à l’université en biologie, je me suis engagé à 21 ans dans l’armée de l’air pour 5 ans comme contrôleur aérien. L’alcool est rentré dans ma vie.

Puis j’ai fait une école pour être chef de chantier en bâtiment – Travaux Public ; l’alcool était toujours présent.
Je me suis marié civilement en 1991, j’ai deux fils qui ont aujourd’hui 26 et 23 ans. En 1997 j’ai divorcé  et la longue descente dans la dépendance a commencée.
En 2001, j’ai été licencié de mon travail pour insuffisance professionnelle. La vrai raison c’était l’alcool.

J’ai fait 4 cures, 2 postcures et de nombreux séjours en hôpital psychiatrique entre 2001 et 2004. Puis la Providence m’a sauvé de la noyade en découvrant le Village Saint Joseph.
J’ai été accueilli dans une famille, sans qu’on me juge, par Katia et Nathanaël et cinq autre résidents. J’étais comme un « légume », sans force, dépressif, incapable de gérer. Les premiers jours du sevrage physique ont été difficiles. Un frère me tenait mon verre pour boire tellement je tremblais. J’avais honte.

J’ai pleuré des litres de larmes pendant de nombreuses heures avec Nathanaël pour raconter mon histoire. Lui il priait pour moi, il me parlait de sa guérison et de Jésus, il me redonnait goût à la vie, m’encourageait dans le travail, la vie fraternelle et ma nouvelle vie spirituelle.

3 mois après mon arrivée, j’ai réussi à voir un prêtre, je me suis confessé de 22 ans de vie de païen, de débauche, de luxure.

Un peu plus tard, j’entend l’évangile dans notre chapelle, Jésus dit dans Saint Jean : « je suis le chemin, la vérité, la vie ». Ce verset m’a complétement transformé. Moi qui avait pris les mauvaises routes, qui vivait dans le mensonge et qui allait lentement vers la mort, je venais de comprendre que Jésus m’avait guéri et qu’il continuait à me guider. J’avais retrouvé la confiance et l’estime de moi, j’étais aimé.

3 ans de soins avec les psychiatres sans résultats, 4 mois avec la Sainte famille et l’aide de Katia et Nathanaël. Cherchez l’erreur !

Je suis resté 10 mois au village pour conforter ma guérison et j’ai retrouvé un poste de chef de chantier.

Puis j’ai rencontré Monique, nous avons cheminé ensemble dans notre foi naissante avec nos blessures, nos guérisons, nos peines et nos joies. Cette rencontre, cet amour, on en est sûr, c’est l’oeuvre de Dieu.

Pendant 7 ans dans l’entreprise où j’étais salarié, je ne pouvais pas vivre ma foi pendant travail. Seul comptait l’argent, les délais, le client, au détriment de l’importance des hommes dans le chantier. J’en parle avec mon ami Jean-Guy, président du Village ; je lui dit mon désir de quitter l’entreprise pour devenir formateur dans une école des métiers du bâtiment. Or, peu de temps avant, il venait de dresser le profil d’un responsable des activités pour passer une annonce de candidature. Je faisais l’affaire. J’ai réfléchi avec Monique et j’ai dis oui. Le Seigneur me ramenait dans son Village.

Je suis maintenant un témoin de ce que Jésus a fait pour moi, dans ma vie auprès des résidents que j’encadre et que je valorise dans leur travail. Monique m’a suivi, elle anime bénévolement l’atelier cuir une journée par semaine. Nous faisons partie tous les deux du conseil d’administration.

Les activités sont nombreuses au Village (maraichage, bucheronnage, travaux divers, boulangerie, services domestiques, cuisine, ateliers d’arts) et je suis convaincu qu’elles sont essentielles dans la reconstruction et la guérison d’une sœur ou d’un frère dépendant, blessé, fragile, exclu par le monde qui nous entoure.

Avec l’aide de la Sainte Famille, nous redonnons de la dignité et de la valeur aux hommes et aux femmes dans leur travail. Il n’y aura pas d’autres vainqueur que Dieu.