Jérôme est venu pour un séjour au Village Saint Joseph.

Il est arrivé à l’été 2015 et reparti au printemps 2016.

Il revient parfois passer les fêtes avec nous.

Je suis Jérôme, j’habite dans l’Essonne, ma famille est située en Vendée, je suis né en 1975 et travaille comme enseignant d’éducation physique et sportive depuis 10 ans.

J’ai vécu des choses pas faciles dans ma jeunesse, dont on se remet difficilement, cela fait partie de ma vie, j’essaye de vivre avec.
Ce lieu communautaire, le Village Saint Joseph, je l’ai découvert à la fois par le livre et à la fois par le mouvement des Focolari, mouvement d’église ouvert à tous les humains de bonne volonté, que mes parents m’ont fait côtoyer depuis le berceau.

A l’été 2015, après une année passée sur l’Ile d’Yeu pour le travail, je souhaitais faire une pause et prendre un nouveau chemin. À cette époque j’étais seul, isolé, sans logement et sans travail ; je voulais que cela se change.
Je rêvais de vivre en communauté, entouré de personnes bienveillantes. De redémarrer sur de nouvelles bases. Crise de la quarantaine certainement.

Je voulais profiter de l’été pour passer une semaine dans différents lieux « cathos », pour voir ce qui me plaisait le plus, et d’y passer une année de pause, de reconstruction.
J’ai commencé par le Village Saint Joseph… Une dizaine de jours… Et je n’ai fait que celui-là !  Beaucoup de choses me plaisaient, la vie communautaire, le rythme, le rapport au travail, les relations fraternelles. Je suis rentré chez mes parents, puis je suis revenu, comme cela se fait.

Je cherchais un aussi un logement, en parallèle, avec une baignoire et une cheminée. C’était mes deux critères, et devinez où on m’a proposé de loger !?! Dans l’unique maison du Village Saint-Joseph où il y a à la fois une baignoire, et un poêle à bois, la maison d’Éphèse.

Depuis des années aussi, je rêvais de vivre dans une communauté où la mixité a toute sa place, où les femmes sont des sœurs ; chez les Focolari, on m’avait bien fait comprendre que les lieux de vie communautaires étaient distincts, que c’était dans les statuts, et qu’il n’y avait pas de changement à l’horizon. Ici j’ai trouvé cette fraternité familiale dans la mixité.
Dans ces deux petits faits, ma maison idéale et la vie communautaire, j’ai vu l’amour de Dieu pour moi.

Je cherchais aussi ma voie : Marié ? Prêtre ? Au bout d’une semaine au Village, je me disais que Dieu me voulait peut-être curé. J’ai donc fait la démarche pour rentrer dans une année de discernement à Rennes. J’avais l’accord de mon évêque, de la personne qui me suivait spirituellement.
Après avoir visité les lieux, rencontré le responsable de la formation, j’ai tracé dans cette direction même si au fond de moi je ne voulais pas faire cette année dans un lieu qui me plaisait peu, quasi uniquement avec des hommes. Tous les feux étaient au vert. J’avais été jusqu’à saluer toutes les sœurs et frères du Village. Et Guy Guy m’avait offert ses larmes en guise d’au revoir. Il n’y avait plus, a vue humaine, de possibilité d’en réchapper.
Le bon Dieu, dans son grand amour, m’a permis, la veille du départ, de ne pas y aller. J’avais un message du directeur de formation, me disant qu’il y avait trop de doutes pour que je suive cette voie. Quelle joie ! Je passerai donc ma renaissance au Village Saint Joseph. J’en étais super heureux !

Du Village Saint Joseph, je retiens l’accompagnement frato-paternel de Jean-Guy, la simplicité et la gentillesse d’Alain, le sourire de Katia et celui de Régine, la bienveillance de Nathanaël… Et tous les autres, frères et sœurs blessés qui essayent de se relever.
Je retiens aussi une phrase « Aimer son prochain, ce n’est pas du bisous bisou » comme dirait une illustre personne de Plounévez-Quintin.

Après ce passage dans ce lieu, ma vie n’a pas fondamentalement changé, n’en déplaise aux idéalistes dont je fais partie ; j’espérais trouver une compagne, changer d’orientation professionnelle. Rien de tout cela, je suis toujours célibataire, et toujours enseignant d’EPS ; je me suis retrouvé de nouveau assez isolé pendant presque une année et demie. Je gère peut-être davantage ma fragilité. En tous les cas, j’essaye de m’accepter tel que je suis ; je me sais hypersensible, ce n’est pas toujours facile à vivre, mais c’est aussi ce qui fait toute mon humanité.