Clémentine M. est venue faire un stage de 2 mois au Village Saint Joseph.

Elle fait des études d’Éducateur spécialisé.

Elle nous partage ici son vécu aux côtés de ceux qui ont fait le choix de se remettre debout.

Par le partage du quotidien et les rencontres que j’ai faite au Village Saint Joseph, j’ai appris à savourer la Grâce de l’instant présent. Ces gestes anodins du quotidien, ces moments qu’on ne regarde même plus, emporté par la rapidité du monde qui nous entoure, je les ai vu avec un nouveau regard. J’ai appris à vivre et contempler ces instants, à comprendre combien ils sont source de joie et de ressourcement.

Au Village Saint Joseph, la vie se décline dans la plus grande simplicité. Rien n’est superflu, les moments partagés sont fraternels, simples et vrais. Et pourtant, c’est dans cet ordinaire du quotidien et la simplicité de l’instant présent, que s’ancre l’essentiel. Cela est d’autant plus précieux, que paradoxalement être simple, c’est compliqué. Cela implique un lâcher-prise et un abandon qui ne sont pas évidents.

Alors, on apprend. On apprend à vivre, comme on apprend à marcher : en effectuant des petits pas timides au début, en trébuchant souvent, puis en se relevant. Il y a des jours faciles et d’autres non. Ce qui est rassurant, c’est qu’on ne marche pas seul au Village Saint Joseph. La fraternité qui règne au sein des différents foyers est une clé essentielle pour avancer. Aux côtés des frères et sœurs, j’ai donc partagé les joies, les peines, les doutes et les espoirs. Chaque rencontre m’a transformée et apporté.

Je dirais qu’on fait « peau neuve » au Village Saint Joseph, tel un lézard qui fait sa mue. La vieille peau tombe peu à peu, pour laisser place à une nouvelle, plus solide et plus belle. Laisser tomber sa vieille peau, c’est quelque part se mettre à nu pour reconnaître et apprivoiser ses fragilités, petit à petit. Et si faire sa mue est un processus qui est long, lent et parfois douloureux, le résultat final n’en reste que plus beau. On apprend à s’aimer et à aimer, pour vivre cette Grâce de l’instant présent – cachée mais bien ancrée – dans l’ordinaire du quotidien et de la vie fraternelle.